29 juin 2007
Les ailes coupees, les pieds, approprement parle, coules dans le beton, notre vie de voyage s’achevera dans quelques jours, temporairement au moins.
C’est avec un enthousiasme limite que nous envisageons notre retour a la vie civile dite active, alors que nos tetes fourmillent d’idees et d’envies pour poursuivre ce voyage.
Voici venu le temps de relire, de redecouvrir et de reflechir a ces dix mois d’experiences quotidiennes, a ces journees d’une densite unique que la vie borgne de travail organise interdit.
A ce jour, vous avez ete plus de 2200 a consulter ces pages ; nous vous en remercions et vous invitons a poursuivre la consultation de Tchamedoon que nous allons desormais enrichir de ce que nous n'avons pas pu deposer en route, de nos conseils et de nos conclusions post-coitum.
Merci a tous et a bientot,
Sheytoon
Translation (or attempt)
The wings cut, the feets captured in the concrete, our travel life will stop in some days, temporary at least.
It is with a limited enthousiasm that we are going back to our civil life said active while our appetite for the road stay full and our heads swarm of desires and ideas to continue this travel.
It is now the time to read, rediscover and think about these ten months of daily dense and unique experiences that the blind life of organized work forbids.
You have been more than 2200 to visit these pages till now; we thank you and invite you to continue to visit Tchamedoon which will be completed now with all the things that we could not deposit on the road, our advices and our post-coitum conclusions.
Thank you.
05 décembre 2006
De l'autre cote (Entree au Pakistan)
"Rangeons avec precipitation nos affaires. Ponctuel, M. Saidpur est la a 7 heures au fond du couloir de l'hotel. La voiture qui nous conduira a Mirjaveh est un finalement un taxi de la ville, le chauffeur un lointain cousin. M. Saidpur refuse que nous reglions la course. Nous ne saurons comment remercier sa serviabilite et sa prevenance.
Enregistrement de la voiture et quelques autres formalites avant de pouvoir s'engager sur la route de Mirjaveh. L'armee nous demande si nous souhaitons une escorte. Le chauffeur nous aide a repousser la proposition.
Espace s'etendant entre village frontiere de Mirjaveh et Zahedan (1) absolument depourvu de toute habitation. Semblable au contrefort d'une volcan. Sols constitues de caillasse plus ou moins grosse aux couleurs feux/brunes. Vegetation plus que nulle part ailleurs isolee et limitee a quelques brousailles jaunies. La vie pourrait sembler ne pas encore etre apparu dans cette zone. Checkpoints reguliers de la police ou de l'armee. Fortins flanques de tours creneles aux angles. Mitrailleuse.
A l'approche de Mirjaveh, pentes douces et regulieres et cratere d'un volcan entierement recouvert de neige se degage a l'horizon au sud.
Conserve constamment un oeil sur l'horizon pour verifier qu'aucune presence, qu'aucun evenement particulier n'est distinguable.
Quelques pickups cheminent en dehors de la route. Toyota grises, vertes ou rouges deviennent de plus en plus nombreuse a l'approche de la frontiere. Au milieu de nulle part, a repetition, pickups a l'arret rassembles. Qu'attendent ces hommes dont on distingue au loin le penjabi blanc ou le turban.
Depassons Mirjaveh. 10 km a parcourir. La vallee s'ouvre dans toutes les directions. Intersection route menant a la frontiere et embranchement Mirjaveh, grande activite de pickups, les uns charges d'une montagne de pneus usages, les autres d'immenses ballots blancs. Traffics?
Poste frontiere iranien: agencement depourvu de l'arche habituel. Le taxi nous depose au pied d'un batiment dont les portes coulissantes s'ouvrent sur un long couloir. Nous sommes passes! Et sans encombre! Les nerfs se relachent. Un touriste croate est devant nous au milieu des transporteurs baloutches le carnet de dedouanement de leur vehicule sous le bras. Calottes ornementees de petits miroirs, chales, turbans. Interogatoire de Mahdokht avant de conclure les formalites de sortie de territoire plutot rapide. Sortons a l'autre extremite. Errons un peu et cherchons du regard le cheminement prevu. Nouvelle verification de nos passeports avant de franchir la grille marquant la frontiere qui s'ouvre sur un vaste terrain de terre battue. Ni chemin. Ni route. Fouillons a nouveau de yeux avant que d'un geste on nous designe sur la gauche un preau bleu derriere lequel se cache le petit poste frontiere pakistanais loge dans un rudimentaire batiment de briques. Surle cote le drapeau blanc et vert flotte. Cloture de barbeles marquant la frontiere.
Rejoignons la les quelques hommes assis attendant de pouvoir penetrer dans le bureau de douane. Diversite des facies. Traits mongoloides d'un afghan hazara? Visage maigre, allonge, petits yeux d'un tadjik. Lourds turbans gris/noirs, barbes d'autres. Echanges de regards amuses. Ambiance detendue. Formalites rapides et courtoises. Errons a nouveau en ressortant. Decevons le changeur d'argent qui guettait notre sortie. Un officier visage d'aigle long beret couche sur la droite nous demande de le suivre vers un second batiment. Police des douanes. Un officier nous fait asseoir. Ne pouvons pas ne pas partager un the accompagne d'un bloc de sucre de couleur verdatre (gul). Gentiment s'enquiert de notre identite. Discussion entre quelques lignes d'ecriture. Comme le consul rencontre hier, cet agent de l'Etat aime prendre du temps et echanger avec les rares touristes qui brisent la monotonie de certaines journees. Officier passe de l'anglais au persan. Mahdokht apprends ainsi qu'elle est promise au paradis des justes qui recompense ceux ou celles qui ont converti un homme, en l'occurence moi, a l'Islam. Dehors par l'entrebaillement de la porte, j'apercois les soldats, qui petites lunettes metalliques vissees, parcourent au soleil le journal avec non chalance.
En ressortant, hesitons. Droite/gauche? On nous designe le bus qui stationne la. Celui-ci a pour destination Quetta mais ne partira qu'a 16 heures. Souhaitons prendre le bus de 12 heures. Interrogeons les gens qui invariablement nous montre du doigt le bus que nous ne voulons pas prendre. Suivons la route en cours de realisation. Des hommes sont assis ici et la sur leurs talons. Clins d'oeil. Sourires. Cheminons. Apercevons au loin le mouvement de quelques bus stationne pres de maisons en terre. Sur notre droite on charge au double de leur hauteur des camions merveilles de decoration populaire et naive. Direction suivie erronnee. Il ne s'agit pas de la station de bus mais de garages devant lesquels s'alignent des dizaines de futs noiratres. Descendons vers le sud a travers tout ou plutot le rien environnant.
Remontons la rue principale de Taftan. Chevres. Dexterite boulangers. Un bus aux couleurs blanches et roses est stationne sur la non-place centrale. Enormes ballots en cours d'arrimage sur la gallerie. Autour d'une table en plastique a quelques metres de la, agitation. C'est la compagnie Sadar Bahar qui s'est installee au soleil. Bus de 12h00 full. Deux tickets pour 13h30. Mahdokht epluche une orange avec methode et devient objet d'attention comme si ce fruit etait inconnu ici.
Regards complices, accueillants. Taftan est un village d'hommes, ou plutot sa population feminine est strictement invisible. Un pere turban, barbe, visage mongoloide traverse place accompagne de son fils main dans la main. Dejeuner pain lavash (le dernier), thon, concombres.
Embarquons. Sommes malheureusement replaces au fond du bus au dessus de la roue arriere: la plus mauvaise place. Dans le bus deux autres couples pakistanais constituent avec Mahdokht la seule population feminine du bus. Apres Iran, multiplicite des vetements, coiffes. Demarrage dans une succession de manoeuvres nerveuses et efficaces. Vive allure pour cette route cahotante. Tatons enfin de la route pakistanaise! Une unique voie. De part et d'autre terre/sable. Petites dunes de pierres a perte de vue. Pour doubler ou croiser un camion manoeuvre consiste brutal deboitement sur le bas cote. Bus et passagers s'ebranlent alors a droite puis a gauche avant que le bus ne poursuive sa course. Etonnement initial fait place a la routine. Vieilles chansons de classiques indiens. Duo. Tout echappe au serieux avec une telle musique. Interieur du bus une lampe scintille a chaque coup de freins. Passagers participent ainsi a la vie de la route. Apres plus de six heures de voyage devient difficile de distinguer le haut du bas. Ivresse. Au milieu de nulle part rares villages de quelques maisons le long de la route.
Longeons voie ferree. Train bimensuel! Caravanserails semblent reconvertis en gare de villes fantomes. Un arbre, unique trace de verdure dans cet ocean mineral. Zone de travaux, bus quitte la route et chemine a travers la rocaille dans nuage de poussiere.Quelques flaques d'eau laisse immediatement place a de vastes zones inondees. Le sol ici ne semble savoir quoi faire de cet eau si rare. Neige a couvert les sommets proches. Petites vagues de terre emergent de la surface de l'eau. Coucher du soleil. Soleil rasant. A la minute meme ou il touche le sol, apparait diametralement oppose, la lune, pleine, turgescente, dans ciel bleu rayonnant. Quelques ricochets sur la terre avant de reussir son decolage, tirant de biais tel une mongolfiere que le vent emporte. Quatre heures de route dans le noir. Route de montagne. Checkpoint. Enregistrement a la lumiere d'une lampe a petrole dans petit local de l'armee. Tetes soldats enveloppes dans chales.Jeunes compagnons a notre droite se revelent etre des baloutches iraniens. 'Bebakhshid'. Presentent leurs excuses pour ce qu'ils ont pu avoir dit ... Rien entendu mais avons ete l'objet de railleries. Farsi. Rapidement la nouvelle fait le tour du bus. Dix minutes apres, un homme, rish sefid (barbe blanche=sage), marchand de chameau a Zahedan vient s'enquerir de notre relation exacte. Montant de la dote? Le voila rassurer. Il pensait avoir affaire a une de ses mauvaises filles de Teheran ou Esfahan.
Ecoutez: Baloutchibus
22h30. Entree dans Quetta. Descendons sur la ville peu illuminee. Succession de basses echoppes rideaux metalliques descendus. Froid vif et humide. Taxi pour hotel Islamabad. Ville deserte. Pas de chambre puis apres examen de nos passeports une chambre apparait finalement libre. TV. Ritournelles de chansons indiennes. Nous sommes au Pakistan, nous sommes entres dans le sous-continent!"
(1) La region du Baloutchistan qui s'etend du sud-est de l'Iran a l'ouest du Pakistan echappe encore aujourd'hui aux pouvoirs centraux. Marquee par un retard de developpement, elle connait un climat extremement aride et est devenue aujourd'hui la plaque tournante de la drogue en provenance de l'Afghanistan proche. De ce fait, les 700 km separant Zahedan de Quetta constituent une zone de risque potentiel pour les touristes.
02 décembre 2006
Apres une parenthese de deux semaines a Teheran, au domicile parental de Mahdokht, nous avons repris aujourd'hui notre vie de voyage et trainons depuis pres d'une semaine dans le sud-est iranien. Ce court-sejour dans la region situee entre Bam (oui, la ville qui connut un severe tremblement de terre en janvier 2004) et le golfe persique n'etait initialement pas prevu mais en matiere de voyage il faut parfois improviser.
Nous n'avons pu en effet retirer nos visas pour l'Inde au consulat de Teheran. Trois visites n'y firent rien. Nous etions, semblait-il, les victimes d'une restriction portant sur les demandes pour une entrée par voie terrestre. Fort heureusement, l'Inde possede a Zahedan, aux portes de la frontiere irano-pakistanaise, un consulat tenu par des gens charmants qui ont accepte d'enregistrer nos demandes. Le traitement de celles-ci prennant un delai de cinq a dix jours, nous patientons aujourd'hui en profitant de la douceur des regions les plus au sud de l'Iran.
Minab, Bandar Abbas, l'ile de Qeshm. Ces regions portuaires furent un jour un carrefour accueillant populations persanes, arabes et africaines. Une partie de la population, fortement metissee, n'est d'ailleurs pas sans resemblance avec les mauriciens ou les comoriens.
Pour une grande majorite des femmes, le voile noir de la revolution islamique a laisse place, ici, a un voile leger, transparent a la lumiere, colore et decore de fins motifs. Son port est constamment et librement reajuste tel un sari. Il faut dire qu'ici, il y a deja un peu d'Inde: dans la coqueterie des femmes, meme de conditions modestes, qui apprecient les bijoux en or; dans la simplicite, le denuement, le fourmillement des marches.
Voila, en milieu de semaine prochaine, nous entrerons au Pakistan. Pour l'instant nous profitons de ces ambiances a la 'Thalassa'. La plus encore qu'ailleurs, les connexions seront rares et lentes, trop lentes pour permettre l'entretien correct du blog. Nous vousremercions d'avance pour votre comprehension,
Tchao
Sheytoon
28 novembre 2006
En route pour Minab (region du golfe persique)
24 novembre 2006
Une apres-midi chez Abbas / Yek baad az zorh pish e Abbas
Defouloir:
18 novembre 2006
Des toits de Darrous (Teheran)
Vous l'aurez peut-etre compris, notre tchamedoon s'est posee pour deux petites semaines a Teheran dans la maison familiale de Mahdokht. Notre vie nomade est ainsi mise entre parantheses pour quelques jours le temps de faire une grosse lessive, de decrocher nos visas pour l'Inde (nous rencontrons la quelques difficultes) et de faire un tour de famille.
Ecoutez: Tehran_Darrous
Vous vous interrogez sur la nature de cette prise? Une ecole primaire pour garcon fait face a l'immeuble familial.












